consequences
Préliminaire: le coma et la réanimation
La situation singulière du coma, en tant que fait médical, n'est pas sans modifier les interrelations médecin-maladie-institution médicale-famille. Toute institution en tant que telle produit en permanence une contradiction majeure : c'est à la fois un lieu inévitable dans la société et un lieu de violence – violence qui bouleverse les repères du sujets (qu'ils soient symboliques, sexués, identificatoires) et qui sous-tend une perte du sentiment d'appartenance à une communauté –.
Le coma en tant que situation extrême de souffrance produit :
· une mise à mal de l'illusion :
L'illusion permet au sujet de se confronter à son désir et à la dénégation de la réalité sans basculer dans le délire ; elle permet de créer, dans une institution des mythes et une idéologie acceptables par tous. Une fois mise à mal, des réactions de défense apparaissent et se traduisent par
- un risque de perte de l'illusion par rapport à l'idéal soignant
- un risque de perte de l'illusion par rapport à l'idée que l'on se fait de soi-même
· une exagération de l'interprétation, chaque signe, chaque parole pouvant toucher le soignant directement dans son identité subjective
Le coma est une confrontation à l'inanimé, c'est "l'expression ultime de la présence de la mort dans la vie". Familles et soignants sont confrontés à un corps dont ils ne savent s'il est déjà soumis au pourrissement, s'il est cadavre ou non, si c'est une marionnette ou pas… Ils ressentent alors un sentiment d'étrangeté à cause du risque de confusion entre soi et sujet inanimé.
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1. Conséquences pour le personnel soignant |
Le coma constitue une rupture radicale dans la vie consciente du sujet et dans ses relations avec son entourage. De plus, l'organisme n'étant plus capable d'assurer ses besoins et ses défenses, le patient se trouve placé dans une situation de dépendance absolue.
Jusqu'à ces dernières années, le personnel de réanimation réduisait les sujets malades au "statut d'organisme déficient et sans désir" – on pouvait alors trouver les patients dans le comas, nus, rassemblés dans une salle commune comme des corps sans âmes, conditions indécentes dépourvues de toute dignité humaine. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Et l'équivalence " malade inconscient égal sujet absent est aujourd'hui remise en cause". En effet, il faut considérer le patient dans le coma comme un être humain, avec tout le respect qui lui est dû, et véritablement "faire comme si" il était conscient.
Du fait que notre dispositif intègre une part importante d'interventions humaines, cet aspect le rend conforme à la morale soignante qui se développe, morale que chacun s'impose face au malade qu'il assure ainsi de traiter en individu unique, particulier, dont le cas n'est aucunement superposable à son voisin de chambre…
Quant au logiciel, il permettrait d'éviter une surcharge de travail du personnel soignant : c'est lui qui se chargerait de décrire l'environnement à recréer auprès du malade, description que les infirmières mettraient en œuvre, sans se soucier de la recherche des différentes situations… La charge de travail du personnel hospitalier étant suffisamment lourde, notre dispositif ne doit pas constituer un fardeau supplémentaire, mais bel et bien s'intégrer dans un ensemble de pratiques déjà existantes.
Notre dispositif intègre ainsi le changement de statut des patients dans le coma. Les penser potentiellement vivants (c'est-à-dire réceptifs au monde qui les entoure de manière active et consciente) plutôt que potentiellement morts, amènerait peut-être un changement dans l'attitude des infirmières face au corps inerte, par le fait même de recréer une atmosphère agréable et chaleureuse autour du patient …
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2. Les conséquences pour le patient |
L'échange entre le patient et l'environnement étant ressenti comme persécutif, notre dispositif est axé sur la douceur.
Tout d'abord l'utilisation des stimulations électriques à faible intensité et les nombreux contacts des infirmières auraient pour conséquences, d'une part d'estomper les méfaits de l'alitement permanent et ,d'autre part, de permettre un maintien des échanges corporels sous forme de gestes doux tels que les caresses pour renforcer sa corporalité.
De plus, l'instauration d'un nouveau langage évitant l'instrumentalisation du patient et comportant une teinte affective, c'est-à-dire avec des mots porteurs d'un échange et à dimension relationnelle, réduirait la distance entre le patient et le "monde des vivants".
L'ensemble de ces composantes ont pour but de modifier l'image corporelle du patient, de l'aider à une repersonnalisation, à reconstruire sa pensée en lambeaux. Par là même, il permettrait d'estomper le sentiment de solitude, et de persécution en recréant autour de lui un environnement agréable.
Et pourquoi ne pas imaginer que l'ensemble des ces stimulations, parce qu'elles entretiennent l'activité électrique dans les voies nerveuses, ne réduiraient pas les éventuelles séquelles post traumatiques ?


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