Les séquelles
Imprévisibles, elles sont extrêmement variables dans leur gravité, leur aspect, et leur date d'apparition. Cette variabilité peut modifier aussi l'expression de la maladie d'un moment à l'autre de la journée. La spécificité essentielle des séquelles des traumatisés crâniens graves tient en l' association quasi constante, à des degrés divers, de différents types de déficit.
Déficits neurologiques :
- Hémiparésie avec déficit prédominant aux membres supérieurs.
- Syndrome cérébelleux.
- Tremblements, mouvements anormaux.
- Épilepsie.
- Aphasie, dysphasie, dyslexie, dysgraphie...
Déficits neuro-sensoriels et endocriniens :
- Cécité, diplopie, amputation du champ visuel, hypoacousie, anosmie, obésité, diabète insipide...
Déficits neuro-psvchologiques :
- Troubles de la mémoire et de l'orientation temporo-spatiale :
- perte des souvenirs antérieurs à l'accident pouvant remonter à plusieurs années et affecter les apprentissages surtout récents, - perte des possibilités de mémorisation à court ou long terme, - difficulté ou impossibilité de se situer dans le temps, - difficulté ou impossibilité de s'orienter, - perte plus ou moins importante des possibilités de calcul.
- Troubles du langage :
difficulté ou impossibilité de vocaliser à cause d'un dysfonctionnement du système laryngé (dysarthrie).
- Troubles de la pensée :
- altération plus ou moins importante du raisonnement logique, - perte de l'autocritique, - difficulté ou impossibilité d'élaborer des stratégies simples ou complexes, de manier l'abstraction, - difficulté de maintenir l'attention, lenteur de la pensée qui parait « engluée » (bradypsychie caractéristique des traumatisés crâniens graves).
- Troubles du comportement :
- euphorie, - impulsivité mal contrôlée, - familiarité parfois excessive, - instabilité, - parfois dépression lorsque le patient prend conscience de ses déficits.
Déficits neuro-psvchiatriques :
- Troubles du comportement pouvant se structurer en tableaux individualisables :
- Syndrome frontal (troubles de mémoire, apathie voire indifférence.), - Névrose traumatique liée au traumatisme psychologique initial, - Syndrome subjectif des traumatisés crâniens (syndrome post-commotionnel) associant la triade céphalées, vertiges, insomnie à des troubles de l'efficience intellectuelle, - Syndrome dépressif post-traumatique (le traitement antidépresseur spécifique est dans ce cas efficace.), - Hystérie post-traumatique : c'est une hystérie de conversion, - Névrose de rente ou sinistrose.
Évolution
Elle est variable, imprévisible, en dents de scie, par paliers. L'amélioration est possible sur 4 à 5 ans voire l0 ans. L'évolution est notamment conditionnée par l'environnement familial, social et professionnel. Dans ces conditions, l'accompagnement est un facteur important. |
3/ les compensations
Prise en charge multidisciplinaire
Avec importance d'un référent unique (le tuteur ou le « case manager» )
Suivi médical
Neurologue, psychiatre, médecin rééducateur...
Rééducation
Kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, psychologue, orthoptiste...
Suivi social
Services sociaux. Des bilans neuropsychologiques spécialisés permettent d'évaluer l'état du patient et de suivre son évolution. Ces bilans peuvent comporter :
- des tests psychométriques,
- une observation du patient en milieu de vie, en situation familiale, sociale et professionnelle,
- un entretien avec le patient et l'entourage,
- une simulation de vie quotidienne (jeu de rôle, outil vidéo, ordinateur...).
Traitement
Pendant la phase de réinsertion, en fonction des indications, le sujet peut suivre un traitement antiépileptique, antidépressif, un accompagnement psychologique prolongé et une rééducation, ou subir des interventions chirurgicales tardives sur des problèmes moteurs, séquelles de traumatisme médullaire associé... Il faudra prendre en compte les effets secondaires de ces traitements. |
4/ retentissement dans la vie courante
La perte des repères spatio-temporels, sociaux, familiaux et professionnels et la grande variabilité du handicap rendent la schématisation difficile.
Pour le traumatisé crânien
La vie courante est marquée par les points constants suivants :
- Variabilité d'un moment à l'autre (mais ceci ne doit pas nous faire douter de la véracité du trouble).
- Invisibilité : l'absence de lésion ne doit pas nous rassurer à bon compte sur l'intégrité des fonctions (ex : les pertes d'équilibre fréquentes ne s'expliquent pas par des lésions individualisables).
- Désorientation temporo-spaciale. Elle explique le comportement compulsif et majore les troubles de mémoire. Cela peut aller jusqu'à des réactions pseudo-psychiatriques renforcées par un syndrome frontal (désinhibition).
- Ectopie : réaction inappropriée au contexte environnant : actes impulsifs, réactions incohérentes, apragmatisme.
Cette symptomatologie V.I.D.E., ressentie par la personne est source d'angoisse et génératrice de désadaptation. |
Commentaires